L'aphasie Les troubles de la parole et du langage
ORTHOPHONIE

Simon prenait une marche avec son épouse un soir de mai quand il a tout à coup eu très mal à la tête. Il s'est réveillé quelques jours plus tard à l'hôpital, il n'arrivait plus à s'exprimer et ne comprenait pas ce qu'on lui disait. Simon, 52 ans, marié, père de deux adolescentes, est maintenant aphasique.

Il y a 4 000 nouveaux cas d'aphasie par année au Québec. L'aphasie survient suite à une atteinte au cerveau due à une tumeur, un traumatisme crânien ou, le plus souvent, à un accident cérébro-vasculaire. On parle d'aphasie lorsqu'une personne éprouve des difficultés à comprendre l'autre, à lire ou à s'exprimer au moyen de la parole ou de l'écriture. Ces difficultés de langage constituent une entrave à la communication et ont un impact sérieux sur la vie personnelle, sociale et professionnelle, de même que sur le fonctionnement des individus. Dans bien des cas, le processus d'adaptation est long et la récupération du langage, souvent incomplète.

La personne aphasique suit un parcours à l'intérieur du réseau de la santé qui peut varier de quelques mois à plusieurs années. L'orthophoniste l'accompagne tout au long de ce chemin en lui offrant des services d'évaluation et de réadaptation. Dans un premier temps, le patient fait un séjour en milieu hospitalier. L'orthophoniste met alors l'accent sur la récupération de base. Ainsi, selon le type d'atteinte, il peut travailler la compréhension du sens des mots et des phrases utilisés par les gens de l'entourage. En effet, certains aphasiques présentant des troubles de compréhension peuvent avoir l'impression d'entendre une langue étrangère. L'orthophoniste travaille également à aider l'aphasique à développer un langage expressif plus élaboré, entre autres en nommant les objets et les personnes de l'entourage et en produisant des expressions familières ou de courts ordres pour exprimer ses besoins de base. Dans un deuxième temps, le patient est dirigé vers un centre de réadaptation. À ce stade, l’orthophoniste vise à combler les besoins spécifiques de l'aphasique en tenant compte de son vécu antérieur (ex.: niveau de langage utilisé, place de la lecture et de l'écriture dans le quotidien...). Les résultats obtenus varient toujours selon le type et la sévérité de

  Fréquences, Vol.10, no. 2, Février 98

l'atteinte de départ. Suite à ce séjour de 3 à 6 mois en réadaptation active, il peut être dirigé vers un centre de réadaptation, dit de troisième ligne, centré davantage vers les aspects psycho-sociaux de l'aphasie. La personne aphasique poursuivra alors des traitements individuels et participera à des activités de groupe qui lui permettront d'optimiser son potentiel et l'aideront à s'approprier sa nouvelle identité sociale.

Tout au long du processus, l'orthophoniste joue aussi un rôle important auprès de la famille et des autres membres de l'équipe multidisciplinaire (médecins, ergothérapeutes, physiothérapeutes, travailleurs sociaux...) en les informant de la nature et de la sévérité du problème de langage et en leur apportant des suggestions quant aux attitudes à adopter et à la stimulation à apporter.

La vie de Simon et de sa famille a donc beaucoup changé depuis ce fameux soir de mai. Toutefois, grâce à l'intervention de l'orthophoniste et de l'équipe multidisciplinaire, il lui est de nouveau possible de communiquer efficacement avec son entourage, lui permettant ainsi de combler un besoin essentiel à l'atteinte d'une bonne qualité de vie.

* Certaines informations sont tirées de la brochure "Vous connaissez un aphasique", Gouvernement du Québec, 1993.
©1998
Contenu, design et médias
Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec.
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30 juillet 1998 : FICHE 4