Les troubles de langage et les troubles
  d'apprentissage : nouvelles réponses
Les troubles de la parole et du langage
ORTHOPHONIE

Julien, 9 ans, a doublé sa première année et "passe de justesse" depuis ce temps. On lui dit qu'il n'est pas attentif, qu'il ne fait pas assez d'efforts. Pourtant, il a l'impression de donner son maximum et il n'en peut plus. Pourquoi son frère de 7 ans lit-il mieux que lui? Sa mère est découragée, la période des devoirs est un enfer. Son père dit qu'il "débloquera", qu'il s'en sortira, tout comme lui, s'il travaille fort.

Les troubles d'apprentissage touchent environ 10% de la population ou près de 700 000 Québécois. En milieu scolaire, 2 ou 3 enfants par classe auraient un trouble d'apprentissage. Ce trouble persiste à l'âge adulte. Bien sûr, les manifestations, le degré de sévérité et l'évolution varient beaucoup. Il s'agit toujours cependant d'un dysfonctionnement du système nerveux central chez une personne d'intelligence moyenne ou supérieure. Depuis plus d'une décennie, l'observation clinique de professionnels de l'éducation et de la santé ainsi que de plus en plus de recherches démontrent que la problématique langagière est très souvent à l'origine du problème d'apprentissage, donnée qui était ignorée auparavant. En effet, il semblerait que 80% des enfants ayant des troubles d’apprentissage ont également des troubles de langage.

 

Le trouble de langage peut être apparent, ou le plus souvent, passer inaperçu. Raison de plus d'être vigilant! De fait, tous les enfants aux prises avec des troubles d'apprentissage devraient être évalués en orthophonie. Une rencontre de 2 à 3 heures est requise. Par son expertise, l'orthophoniste répond à des questions qui restaient jusqu'alors en suspens, il aide à mieux comprendre les causes du trouble d'apprentissage, apporte de nouveaux moyens, de nouvelles approches thérapeutiques.

L'individu présentant un trouble d'apprentissage et son milieu doivent oeuvrer de pair. Puisque l'apprentissage se fait différemment, la compréhension du trouble et son acceptation sont les éléments clés de la réussite. Plus la personne est consciente de ses forces et faiblesses, plus elle développe des stratégies, plus elle fonctionne au maximum de ses capacités. Par ailleurs, des adaptations de toutes sortes peuvent être envisagées. Par exemple, à l'école, des textes plus courts, plus de temps pour les examens, de l'aide individuelle. Au travail, un support écrit pour les tâches requérant de la mémoire, un bon agenda et, pourquoi pas, un bon ami pour corriger les fautes.


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Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec.
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30 juillet 1998 : FICHE 3