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La dysphasie sévère : ce "handicap" du langage |
Les troubles de la parole et du langage ORTHOPHONIE |
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"Moi londelle pati, paf, i n'a un." Tom a 6 ans. Il n'est pas déficient intellectuel, il n'est pas sourd, il n'est pas handicapé physique... Tom est dysphasique. Il est suivi en orthophonie depuis l'âge de 3 ans. Il fréquente actuellement une classe de langage/communication dont le ratio est: 1 professeur pour 10 élèves. Tom a des difficultés majeures à comprendre ce qu'on lui dit ou à exprimer ce qu'il veut dire. Ses troubles sont sévères au point de l'empêcher de communiquer verbalement et d'accomplir des activités avec les enfants de son âge et de son milieu. Pourtant, Tom a le désir de communiquer, il cherche continuellement à comprendre avec ses yeux, il comprend ce qu'on lui demande quand on lui fait une démonstration. Environ 25 personnes sur 10 000 sont dysphasiques. La dysphasie sévère, parfois aussi appelée aphasie congénitale ou audimutité, consiste en une dysfonction cérébrale localisée dans la zone du langage. Il s'agit d'un "trouble sévère du développement", le dysphasique est une personne "handicapée". La dysphasie entraîne des troubles importants de perception auditive, des troubles sévères d'expression et de compréhension, des troubles majeurs d'abstraction et de généralisation de même que de graves déficits au niveau de la perception temporelle. Différents profils d'enfants dysphasiques sont notés en fonction des atteintes. Compte tenu du profil de chacun des enfants, du degré de sévérité du handicap (la dysphasie), des forces et faiblesses propres à chacun, des capacités intellectuelles, de la stimulation reçue, l'évolution sera très différente d'un individu à l'autre. |
Pour pallier ses difficultés langagières, l'enfant dysphasique doit absolument bénéficier d'un suivi régulier en orthophonie, et ce, dès le plus jeune âge. Les parents doivent également s'impliquer et poursuivre les interventions à la maison. Plus l'enfant sera stimulé jeune, en fonction de ses besoins spécifiques sur le plan langagier, plus il aura des chances d'évoluer. Lors de l'entrée à l'école, la plupart des enfants dysphasiques sévères sont orientés vers une classe de langage car leurs troubles nuisent considérablement aux apprentissages académiques. Dans ce cadre, l'orthopédagogue adapte son mode d'enseignement et les programmes scolaires aux besoins particuliers des enfants. L'orthophoniste est la personne clé dans l'établissement du diagnostic de dysphasie. Elle travaille étroitement avec les membres de l'équipe multidisciplinaire (audiologiste, psychologue, enseignant, médecin, ergothérapeute, parent, etc) pour arriver à établir les liens entre les troubles de langage, les troubles d'apprentissage et les troubles cognitifs. L'orthophoniste rencontre également les parents pour leur donner les grandes lignes du plan d'intervention en langage, pour les outiller à intervenir adéquatement et pour répondre à leurs questions. Enfin, l'orthophoniste intervient directement auprès de l'enfant. C'est par des interventions spécialisées s'échelonnant sur plusieurs années et une approche intégrée des divers intervenants que l'enfant dysphasique évoluera et deviendra fonctionnel et indépendant. |
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