| English Version |
COMMUNIQUÉ |
MAI, MOIS DE LA COMMUNICATION
Plus de 700 000 Québécois ont besoin des services
d'un orthophoniste ou d'un audiologisteMontréal, le 3 mai 2001
- L'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec (OOAQ) profite du mois de la communication, en mai, pour sensibiliser la population au rôle prépondérant qu'a pris la communication dans nos sociétés modernes et à l'importance de consulter un orthophoniste ou un audiologiste dès que des troubles de la communication se présentent.
Aujourd'hui, on estime qu'au moins trois emplois sur quatre font davantage appel aux aptitudes intellectuelles que manuelles. Cette transformation du travail intensifie les exigences en matière d'habiletés de communication et met de plus en plus de pression sur ceux qui éprouvent des difficultés à ce niveau. " Être limité dans sa communication, c'est risquer d'être isolé, laissé pour compte et, souvent, indûment restreint dans ses possibilités de travail et sa vie en société ", souligne le président de l'OOAQ, M. Louis Beaulieu. " C'est pourquoi il est si important de faire appel aux professionnels des troubles de la communication que sont les orthophonistes et les audiologistes pour évaluer et traiter de tels problèmes de façon précoce, avant qu'ils fassent des ravages plus importants. "
Un phénomène mondial
Quelles que soient la culture, la langue ou la classe sociale, les difficultés de communication touchent une portion importante de la population, et ce, dans toutes les sociétés. La prévention, l'évaluation et le traitement des troubles de la communication mobilisent les chercheurs et les cliniciens du monde entier. Plus d'un millier d'orthophonistes et d'audiologistes provenant des quatre coins de la planète se réuniront d'ailleurs cet été pour faire le point sur les plus récentes recherches dans le domaine, lors d'un important congrès dont l'OOAQ sera l'hôte : le 25e congrès mondial de l'Association internationale de logopédie et de phoniatrie (IALP). Présenté pour la première fois au Canada et la seconde fois seulement en Amérique du Nord, ce congrès se déroulera du 5 au 9 août prochain au Palais des Congrès de Montréal.
Une réalité aux mille visages
Au Québec, on estime à plus de 700 000 le nombre de personnes qui doivent vivre au quotidien avec des difficultés temporaires de communication ou qui présentent une déficience à caractère permanent d'origine biologique, fonctionnelle ou psychosociale. Dans tous les cas, l'intervention d'un orthophoniste ou d'un audiologiste peut faire la différence. Outre son rôle essentiel d'évaluation, celui-ci prescrira les moyens de suppléance appropriés et mettra en place des programmes d'éducation, d'adaptation et de réadaptation sur mesure propres à favoriser l'intégration de la personne.
La surdité professionnelle affecte au-delà de 60 % des travailleurs du secteur manufacturier. Plus de 400 000 travailleurs québécois sont exposés à des doses de bruit supérieures à 85 dB/8 heures, soit 10 dB de plus que le seuil jugé critique par l'Organisation mondiale de la santé. Plus de 15 % des enfants et des jeunes d'âge préscolaire et scolaire éprouvent un retard ou un trouble de la communication, dont 8 % souffrent de dysphasie ou de bégaiement. Ce sont donc plus de 140 000 enfants qui sont menacés dans leur développement et leur intégration scolaire. Chez les 65 ans et plus, une personne sur trois souffre de déficience auditive liée au vieillissement. Ce taux grimpe à près d'une personne sur deux, après l'âge de 75 ans. On estime que 10 % des Québécois ont déjà expérimenté des problèmes d'acouphènes - ces sons, bourdonnements ou sifflements entendus en dehors de toute stimulation sonore externe. Parmi eux, des milliers d'adultes âgés entre 40 et 80 ans seraient handicapés sévèrement dans leur quotidien : perturbation du sommeil, irritabilité, difficulté de concentration, dépression, etc. Chaque année, on dénombre au Québec jusqu'à 4 000 nouveaux cas d'aphasie - une difficulté majeure à comprendre, à s'exprimer et à lire qui survient à la suite d'une atteinte au cerveau (accident cérébro-vasculaire, traumatisme crânien, tumeur). Plus de 20 000 Québécois en sont atteints. L'importance de consulter un orthophoniste ou un audiologiste
Les difficultés vécues par les personnes affectées par de tels troubles de la communication sont nombreuses. Elles vont du repliement sur soi au retard d'apprentissage, en passant par la dépression et les problèmes socio-affectifs ou comportementaux. Quelle que soit la sévérité du trouble rencontré, l'Ordre est formel : il est toujours préférable d'intervenir le plus tôt possible afin de prévenir toute aggravation du problème et de préserver la qualité de vie de ces personnes.
Comme l'indique le président de l'Ordre, " ces troubles de la communication ont un impact non seulement sur l'intégration sociale, scolaire ou professionnelle des personnes qui en souffrent, mais aussi sur tout leur environnement familial et social. Or, il existe des services professionnels et des moyens de suppléance qui peuvent grandement améliorer la qualité de vie de ces personnes. Il ne faut pas hésiter à y recourir de façon précoce, non seulement pour aider la personne et son entourage, mais aussi pour éviter des coûts sociaux encore plus importants liés aux difficultés d'apprentissage et d'intégration sociale. "
Où consulter?
On compte au Québec près de 200 audiologistes et environ 900 orthophonistes. Les audiologistes évaluent et traitent les troubles liés à l'audition, tandis que les orthophonistes interviennent en matière de troubles de la voix, de la parole et du langage. Ils exercent leur profession dans les écoles, les CLSC, les centres hospitaliers, les centres de réadaptation, les centres d'hébergement et de soins de longue durée, ainsi qu'en cabinet privé.
Les services offerts dans les établissements publics présentent l'avantage d'être gratuits, mais les ressources actuellement disponibles sont malheureusement insuffisantes pour répondre à tous les besoins. Pour connaître la situation dans votre région, consultez l'établissement de votre localité. Quant aux services offerts en cabinet privé, ils sont remboursables par plusieurs régimes privés d'assurance, sous certaines conditions. Pour connaître les ressources en cabinet privé dans votre région, consultez la rubrique Où consulter sur le site Internet de l'Ordre, www.ooaq.qc.ca.