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CONFÉRENCE DE PRESSE



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MAI, MOIS DE LA COMMUNICATION

PÉNURIE D'ORTHOPHONISTES AU QUÉBEC PRÈS D'UNE TRENTAINE D'ORTHOPHONISTES BELGES RÉPONDENT À L'APPEL

Montréal, le 9 mai 2001

- Près d'une trentaine d'orthophonistes belges ont répondu à l'appel du gouvernement québécois à venir exercer sur une base temporaire au Québec, dès septembre prochain. Née de l'initiative de l'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec (OOAQ), cette campagne exceptionnelle de recrutement à l'étranger permettra de pourvoir, de façon temporaire, une partie de la centaine de postes vacants d'orthophonistes au sein du réseau public québécois de la santé et de l'éducation.

" Comme ordre professionnel dont la mission est d'assurer la protection du public, il est de notre devoir de déployer toute l'énergie possible pour solutionner le problème d'accès aux services d'orthophonie, et d'amener les instances gouvernementales à s'engager dans ce sens ", précise M. Louis Beaulieu, président de l'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec. " Je suis très heureux de constater aujourd'hui que nos efforts ont porté fruit et que des milliers de concitoyens pourront en profiter. "

Cette campagne a été menée en partenariat par l'OOAQ, le ministère de la Santé et des Services sociaux et le ministère de l'Éducation du Québec. Elle a également mobilisé les principaux employeurs du réseau public québécois de la santé et de l'éducation ainsi que le ministère des Relations avec les citoyens et de l'Immigration du Québec et les autorités fédérales compétentes. Les démarches ont été mises en branle très rapidement. Le programme a été proposé aux instances gouvernementales à l'automne 2000, puis en novembre, le président de l'Ordre réalisait une mission de reconnaissance en Belgique. En mars dernier, l'ensemble des orthophonistes belges étaient directement sollicités à venir exercer au Québec, pour une période minimale d'un an, et avaient jusqu'au 30 avril pour manifester leur intérêt. Parmi les 350 professionnels susceptibles de se qualifier, 28 ont répondu à l'appel, ratio impressionnant compte tenu du délai de réponse et de l'engagement que représente la décision d'exercer sa profession à l'étranger.

Une nouvelle mission se rendra en Belgique dans la semaine du 28 mai prochain. Formée d'une représentante de l'Ordre, d'un représentant du ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi que d'un représentant du ministère de l'Éducation, cette mission permettra de soumettre chaque candidat à une entrevue. On organisera également une session d'information à l'intention des orthophonistes belges qui pourraient se montrer intéressés par la campagne de recrutement, mais qui n'ont pas eu le temps de soumettre leur dossier avant le 30 avril. On espère ainsi recevoir encore quelques nouvelles candidatures.

Un accueil favorable au sein des réseaux de l'éducation et de la santé

Chez les employeurs du réseau public de l'éducation et de la santé, cette nouvelle a été accueillie avec un très grand soulagement. Le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, M. André Caron, a souligné " le caractère original de l'initiative " qu'il appuie, car elle " aidera les commissions scolaires à accroître les services professionnels complémentaires, notamment ceux qui doivent être assurés par les orthophonistes, services dont les enfants ont grandement besoin dans les écoles québécoises ".

L'Association des établissements de réadaptation en déficience physique du Québec (l'AÉRDPQ) soutient qu'il y a présentement plus de 3 500 enfants en attente de traitement en orthophonie. Deux causes expliquent cet état de fait. Dans certains cas, le délai d'attente est causé par le manque d'orthophonistes disponibles, mais dans d'autres cas, il relève plutôt d'un manque de financement. " Il est absolument nécessaire de traiter un enfant dès son jeune âge, soit vers un an et demi, ou dès que la déficience est détectée si on ne veut pas compromettre son développement et son entrée à l'école ", souligne le vice-président de l'Association, M. Jean-Pierre Blais.

Pour sa part, le président de l'Association des CLSC et des CHSLD du Québec, M. Jacques Lemire, salue le projet qui " arrive à point nommé pour les CLSC et les centres de santé. Au cours de la dernière année, nous avons en effet redéfini les services de base essentiels destinés aux enfants et à leur famille, services qui devront être déployés dans toutes les régions du Québec au cours des trois prochaines années si le ministère de la Santé et des Services sociaux soutient cette offre de service. Les services d'orthophonie occupent évidemment une place importante dans ce redéploiement, mais il nous faut avoir accès à un bassin d'orthophonistes suffisant pour y parvenir ".

Moyen et long termes : d'autres solutions

Il est clair cependant que cet ajout d'orthophonistes belges est insuffisant pour répondre entièrement à la demande immédiate et qu'il s'agit d'une solution à court terme. C'est pourquoi l'Ordre a également examiné les possibilités du côté de la France. Le diplôme terminal en France n'étant pas équivalent à celui exigé pour les Québécois, un programme de mise à niveau d'une période d'un an offert par l'Université de Montréal pourrait être mis sur pied pour les candidats français. Du côté de la Suisse, une pareille démarche pourrait s'effectuer sur une période plus courte. Une rencontre entre le président de l'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec et le cabinet du ministre de l'Éducation avait lieu hier à cet effet et le ministère s'est montré très intéressé à examiner les pistes de solutions proposées par l'Ordre.

À plus long terme, deux solutions se sont ajoutées au cours de la dernière année pour accroître le nombre d'orthophonistes au Québec. Depuis 1999, le décontingentement du programme de maîtrise en orthophonie et en audiologie de l'Université de Montréal a permis de faire passer de 50 à 70 le nombre d'admissions par année, ce qui permettra de diplômer 20 candidats à l'exercice de plus chaque année, à compter de l'automne 2003. Par ailleurs, la création d'un nouveau programme de maîtrise en orthophonie à l'Université Laval, qui démarrera en septembre 2001 et qui accueillera 25 étudiants par année, viendra également enrichir le bassin de professionnels sur le marché à la fin de l'année 2003.

Pour l'Ordre et les associations d'employeurs, il est primordial d'augmenter le nombre d'étudiants formés dans les universités québécoises en vue de trouver une solution durable au problème chronique de pénurie. L'Ordre croit qu'il faudrait créer au moins une vingtaine de places supplémentaires dès maintenant, compte tenu du profil sociodémographique de la profession et des besoins croissants de la population.

Il presse d'agir afin que cet apport de nouveaux orthophonistes permette de contrebalancer les effets de l'attrition qui commencent à se faire sentir dans la profession. Par ailleurs, étant donné que la profession d'orthophoniste est exercée par une très forte majorité de femmes, dont plusieurs travaillent à temps partiel et qu'une proportion importante a recours à des congés familiaux, il faut s'attendre à un taux de roulement significatif. Cela implique que ces ajouts seront insuffisants et que l'offre demeurera encore bien en deçà de la demande après 2004, sauf si on agit immédiatement.

À propos de la pénurie d'orthophonistes au Québec

Depuis plusieurs années, le Québec doit composer avec une pénurie d'orthophonistes. Résultats : pour la clientèle de la petite enfance, les listes d'attente pour avoir accès à une évaluation atteignent plus d'un an dans le réseau public, et de deux à quatre ans pour obtenir une thérapie, selon la région. Pour ce qui est des adultes et des personnes âgées, bon nombre d'entre eux n'ont tout simplement pas accès aux services. Le recours aux services privés devient souvent la seule solution. On note d'ailleurs une augmentation de 140 % des services privés entre 1994 et 1997 et, même dans ce cas, il n'est pas rare que l'attente soit d'un an.

En octobre dernier, on comptait environ 4 500 personnes en attente de services spécialisés de réadaptation pouvant exiger le recours à un orthophoniste dans les établissements de réadaptation en déficience physique. Les délais d'attente variaient de quatre mois à trois ans et ne se sont guère améliorés depuis.

 

Renseignements: Sylvie Roberge
Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec
(514) 282-9123


Pour en savoir plus, consulter le site www.ooaq.qc.ca

 

Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec, mai 2001.


  • PRESS RELEASE; May 9, 2001: "QUÉBEC'S SPEECH-LANGUAGE PATHOLOGIST SHORTAGE
    BELGIAN SPEECH-LANGUAGE PATHOLOGISTS COME TO THE RESCUE"

  • COMMUNIQUÉ 3 mai 2001: "Plus de 700 000 Québécois ont besoin des services d'un orthophoniste ou d'un audiologiste"
  • NEWS RELEASE; May 7, 2001: "Speech-language pathologists and audiologists could help more than 700,000 Quebecers"
  • COMMUNIQUÉ 10 mai 2000: "L'OOAQ LANCE UN NOUVEL OUTIL DE PRÉVENTION"
  • PHOTOS: "L'OOAQ LANCE UN NOUVEL OUTIL DE PRÉVENTION"
  • COMMUNIQUÉ mai 2000: "BRUITS ET HABILETÉS D'ÉCOUTE NE FONT PAS BON MÉNAGE"    english version
  • QUIZZ SUR L’ORTHOPHONIE ET L’AUDIOLOGIE
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