Dans un monde idéal, l’évaluation du langage des enfants bilingues implique d’examiner les différentes sphères du langage, dont le vocabulaire, dans les deux langues de l’enfant. Toutefois, dans le monde réel, il est souvent le cas que la personne effectuant l’évaluation ne connaît pas les deux langues ou qu’aucune tâche de vocabulaire n’existe dans une des langues à évaluer. Afin de tenter de combler ce manque d’outil, nous avons étudié, chez des jeunes au développement typique, l’utilisation d’une tâche de fluidité verbale (également appelée fluence verbale) sémantique pour estimer les compétences de vocabulaire. Cette tâche cible les compétences de vocabulaire en demandant aux participants de produire, en 60 secondes, le plus de mots possible dans une certaine catégorie, dans notre cas, des animaux.
Des jeunes ayant des degrés d’exposition au français variés ont complété des tâches de fluidité verbale sémantique et de vocabulaire, certains d’entre eux connaissant également l’anglais et pouvant compléter les tâches dans les deux langues. L’exposition à chaque langue a été utilisée afin de créer différents groupes de comparaison (francophone unilingue, bilingue ayant une plus grande exposition au français, bilingue équilibré, bilingue ayant une plus grande exposition à l’anglais). Pour la tâche de fluidité verbale, nous avons comparé la méthode de cotation traditionnelle qui implique d’accorder un seul point aux variations d’âge (chien, chiot) et de sexe (poule, coq) et notre méthode de cotation simplifiée qui demande simplement de compter chaque production correcte et produite dans la bonne langue, une méthode que nous jugeons plus réaliste à mettre en place en contexte clinique.
Les résultats ont démontré que le nombre de mots produits lors d’une tâche de fluidité verbale pouvait prédire les compétences de vocabulaire spécifiquement dans la langue évaluée et davantage en utilisant notre méthode de cotation simplifiée. Les enfants bilingues ont produit plus de mots ainsi que plus de mots uniques (produits dans seulement l’une des deux langues) dans la langue à laquelle ils étaient exposés davantage, tandis que le nombre de mots en tout (français + anglais) ainsi que le nombre de concepts nommés (chat + cat = 1 concept) étaient similaires peu importe l’exposition aux langues. Les jeunes qui ont produit des mots nommés par peu d’autres participants (noms d’animaux rarement utilisés) avaient de meilleurs scores sur les tests de vocabulaire. Le nombre de mots produits dans chaque langue a été efficace pour déterminer la langue dominante, selon le degré d’exposition.
Dans cette étude, la tâche de fluidité verbale a offert des informations similaires à ce que les tests de vocabulaire et les échantillons de langage peuvent nous indiquer en lien avec le vocabulaire (estimation de la taille, composition lexicale dont l’utilisation de mots plus rares, langue dominante). Cette étude offre donc du support pour l’utilisation de cette tâche en contexte d’évaluation des jeunes unilingues et bilingues. Cet outil démontre un potentiel pour l’utilisation en clinique auprès d’autres populations, qui reste à être investigué.
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| Format | Précision technique | Date de retrait |
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| Article scientifique | 17 pages | S.O. |