Lorsque nous parlons de dossiers politiques, il est facile d’avoir l’impression que tout avance trop lentement. Que les discussions s’étirent, que les démarches se multiplient, que les résultats tardent à apparaître. Je partage ce sentiment avec vous. Parce que derrière chaque dossier, il y a des heures de travail, des rencontres, des analyses, des relances… et souvent, très peu de visibilité sur ce qui se passe réellement en coulisses.
Pourtant, c’est exactement là que se joue l’essentiel.
Faire avancer les enjeux liés à l’accessibilité aux services auprès des instances décisionnelles demande un travail acharné, constant et rigoureux. Un travail discret, mais qui prépare le terrain, qui construit notre crédibilité, qui installe notre voix comme une voix incontournable lorsque vient le temps de prendre des décisions.
Au-delà de l’effort, il y a aussi une réalité à apprivoiser : le timing. Comme récemment avec le projet de loi 15 (Loi modifiant le Code des professions et d’autres dispositions principalement afin d’alléger les processus réglementaires du système professionnel et d’élargir certaines pratiques professionnelles dans le domaine de la santé et des services sociaux), en politique, tout est question de contexte et d’opportunités. Des fenêtres s’ouvrent parfois sans prévenir. Des priorités changent rapidement. Des interlocutrices et interlocuteurs arrivent avec une nouvelle écoute. Ces moments ne se provoquent pas souvent, mais nous devons nous y préparer. Constamment. Et notre rôle, c’est d’être en mesure de répondre et d’agir au moment où ces occasions se présentent.
Avec des arguments solides. Avec des données probantes.
« Avec une vision claire de ce que nous voulons pour l’orthophonie, pour l’audiologie, et surtout pour la population que nous desservons chaque jour. »![]()
Cela demande une grande patience. Non pas une patience passive, mais une patience engagée. Une patience qui pousse à continuer, même lorsque les résultats ne sont pas immédiats. Une patience ancrée dans la conviction que nos démarches sont nécessaires et porteuses de changements importants.
Ce travail demande aussi du courage.
Le courage de rappeler sans relâche l’importance de l’accès aux services.
Le courage de défendre la qualité des soins, la reconnaissance de notre expertise, et les conditions essentielles à une pratique sécuritaire et humaine.
Le courage de prendre la parole et de maintenir le dialogue, encore et encore, même lorsque les réponses tardent à venir, même lorsque les vents sont contraires.
Le courage de poursuivre malgré les déceptions.
Toutefois, ce travail ne repose pas uniquement sur le conseil d’administration ou l’équipe de l’Ordre. Il repose aussi sur l’expertise terrain, sur vos réalités cliniques, sur votre participation à diverses consultations ou encore sur les constats que vous nous partagez. C’est par cet engagement collectif que se forge la crédibilité de nos interventions.
Chaque échange compte. Chaque argument déposé pave la voie des décisions futures. Même lorsque les avancées sont peu visibles, le travail se poursuit, une pierre à la fois.
L’issue d’un projet législatif ou règlementaire n’en est pas seulement une victoire si nos recommandations sont acceptées, ou une défaite si elles ne le sont pas. Il s’agit d’une étape dans un processus beaucoup plus vaste, fait de rigueur et de travail soutenu. À l’image de l’engagement que vous démontrez dans votre pratique professionnelle, c’est la constance et la détermination qui finissent, ultimement, par faire une différence. Pour l’accessibilité. Pour la population.