L’apprentissage de plus d’une langue est bénéfique et favorise :
les possibilités d’échanger avec un plus grand nombre de personnes;
l’enrichissement au niveau social et culturel;
le développement des capacités attentionnelles, dont la gestion des interférences;
des opportunités de rencontres et d’emplois;
une protection contre de futurs troubles cognitifs.
Une personne est considérée bilingue ou multilingue lorsqu’elle a besoin ou qu’elle utilise deux ou plusieurs langues dans sa vie au quotidien.
« Il y a plus d’individus bilingues et multilingues dans le monde que d’individus qui parlent une seule langue. »![]()
L’apprentissage de plus d’une langue
Les mêmes principes d’apprentissage du langage s'appliquent pour apprendre une langue ou plusieurs, soit des échanges aller-retour de qualité et en quantité.
Il y a cependant quelques considérations spécifiques :
un temps d’exposition suffisant, régulier et soutenu est nécessaire pour développer chaque langue;
chaque individu est unique avec sa propre personnalité, ses besoins, ses priorités et le niveau d’aide nécessaire à l’apprentissage d’une langue. On peut cependant estimer qu’une exposition d’environ :
6 mois à 2 ans est nécessaire pour pouvoir maintenir des conversations sociales dans une langue;
5 à 7 ans est nécessaire pour maitriser l’usage académique d’une langue, soit un niveau de lecture et d’écriture avancé.
Soutenir l’apprentissage de plus d’une langue exige de la vigilance et de la persévérance de la part de l’entourage. L’engagement de la famille et des proches joue un rôle crucial pour soutenir un projet d’apprentissage de plus d’une langue.
On identifie des facteurs qui favorisent les apprentissages d’une autre langue et certains qui peuvent les ralentir.
Voici quelques exemples.
Facteurs qui peuvent favoriser l’apprentissage
valoriser la pratique de la langue plutôt que la perfection;
utiliser la langue que vous maitrisez le mieux pour des échanges plus fréquents et riches;
échanger avec des personnes compétentes dans la langue;
valoriser chacune des langues (ex. : donner accès à des livres de qualité dans chacune des langues);
échanger avec des personnes, par des activités et dans des lieux variés, et ce dans la vie de tous les jours;
être exposée ou exposé environ 40-60 % du temps à chacune des langues.
Facteurs qui peuvent ralentir l'apprentissage
une exposition insuffisante, irrégulière et non soutenue à une des langues;
une langue en situation minoritaire dans la communauté;
un manque de valorisation de la langue ;
diverses difficultés sur le plan du développement (ex. : difficultés d’attention ou de langage);
une grande différence entre la deuxième langue et la langue maternelle (ex. : le mandarin et le français ont peu de similarités sur le plan linguistique).
Bilinguisme et multilinguisme : mythes et réalités
Mythe : Les enfants bilingues commencent à parler plus tard.
Réalité
Les enfants bilingues apprennent à parler en suivant les mêmes étapes que les enfants monolingues. Plus spécifiquement, un enfant avec une exposition adéquate à deux langues ou plus dès la naissance devrait :
vers l’âge d’un an, prononcer ses premiers mots;
vers 18 et 24 mois, combiner des mots (ex. : «balle tombée »);
vers 5 ans, s’exprimer en utilisant un niveau de langage comparable à celui des enfants monolingues.
Mythe : L’apprentissage de plus d’une langue peut causer un trouble du langage.
Réalité
L’apprentissage de deux langues ou plus :
ne cause pas de trouble de langage;
n’empire pas les difficultés de langage chez les enfants qui en présentent;
permet de rester en contact avec les personnes qui les parlent, même si le niveau de maitrise de la langue n’est pas optimal .
Mythe : Les enfants se mélangent entre les deux langues apprises.
Réalité
Les enfants différencient très tôt les langues entendues. En général, on ne s’inquiète pas si :
l’enfant utilise les deux langues dans une même phrase;
des caractéristiques d’une langue interfèrent sur l’autre;
dans les premiers mois d’apprentissage d’une nouvelle langue, l’enfant parle moins ou initie moins les échanges.
Cependant, on peut consulter en orthophonie si le langage de l’enfant évolue peu malgré une exposition suffisante et soutenue pendant plusieurs mois aux différentes langues.
Mythe : Les enfants bilingues connaissent exactement les mêmes mots dans les deux langues.
Réalité
Les enfants bilingues peuvent avoir des forces différentes pour chaque langue parlée. Par exemple, ceux-ci peuvent avoir un vocabulaire plus restreint ou différent dans une langue par rapport à l’autre ou encore par rapport aux enfants monolingues.
Cependant, en additionnant le total des mots de vocabulaire des deux langues, les enfants bilingues possèdent généralement autant, voire plus de mots que les enfants monolingues.
Mythe : On peut apprendre à parler une langue en visionnant du contenu sur les écrans.
Réalité
Il faut nuancer cette affirmation. Des contenus interactifs et stimulants sur les écrans peuvent aider à apprendre. Cependant, ce n’est pas suffisant pour devenir fluide dans une langue . Pour parler couramment une langue, il est essentiel de pratiquer avec des échanges aller-retour avec des personnes dans des contextes variés.
Pour en apprendre davantage sur le sujet, consultez la page Web Les écrans et le développement du langage.
En savoir plus
Pour en apprendre davantage sur le bilinguisme, vous pouvez consulter :
Ces capsules vidéos
Savoir Média. Apprendre une langue (épisode 7)
Agathe Tupula Kabola. Aider son enfant qui apprend deux langues
Université Laval-CIRRIS-CIUSSS de la Capitale-Nationale. Développement du langage dans un contexte de bilinguisme :
Ces sites Web
Naitre et grandir : Développement du langage chez les enfants exposés à deux langues ou plus
Institut des troubles d’apprentissage : Mon enfant grandit dans un contexte multilingue
Consultation en orthophonie
En résumé, que le projet soit d’apprendre à s’exprimer dans une ou plus d’une langue, communiquer avec son entourage est un besoin essentiel pour toutes et tous.
Une consultation en orthophonie peut s’avérer pertinente quand les échanges aller-retour d’un individu avec les autres :
sont moins satisfaisants et efficaces pour la personne par rapport aux attentes pour l’âge, dans la langue principale ou dans une autre langue, et ce, malgré une exposition soutenue;
nécessitent une intensité de soutien, de temps, d’efforts et d’adaptations pour comprendre et se faire comprendre;
ont un impact sur le quotidien de la personne, notamment lors :
des interactions sociales ou de conversations avec les autres;
de l’acquisition de nouvelles connaissances;
des apprentissages scolaires;
de l’accès au marché du travail.