La campagne électorale au Québec est maintenant lancée. Chaque formation politique sur la ligne de départ s’engage à améliorer le sort des Québécoises et des Québécois, en établissant des priorités et en annonçant des investissements qui se chiffrent souvent en millions de dollars.

« Que ce soit avec notre regard citoyen ou professionnel, nous avons toutes et tous intérêt à porter une attention particulière à ces engagements. »

Ils témoignent de la vision que les différents partis souhaitent proposer pour le Québec et, surtout, des choix qu’ils entendent faire pour répondre aux besoins de la population.

Il faut d’ailleurs souligner que les priorités exprimées par la population dans les sondages réalisés depuis le printemps sont nombreuses et légitimes. Le coût de la vie, l’économie, le logement et d’autres enjeux qui touchent directement le quotidien des Québécoises et des Québécois occupent une place importante dans les préoccupations. Bien que ces grands thèmes revêtent une importance certaine, je déplore que des enjeux aussi fondamentaux que la santé et l’éducation soient trop souvent relégués à un coût et vus ultimement comme des dépenses à réduire. Bien sûr, les sommes investies sont importantes et doivent être gérées avec rigueur. Mais nous devons aussi avoir le courage de parler de ce financement autrement : comme d’un choix collectif et qui procure un retour sur investissement à long terme, notamment lorsqu’il est question de prévention.

Investir en santé, ce n’est pas simplement ajouter une dépense au budget de l’État. C’est permettre à une personne de demeurer autonome plus longtemps, à un enfant de développer son plein potentiel, à une travailleuse ou un travailleur de maintenir sa capacité de participer pleinement à la société et à une personne aînée de conserver ses liens avec ses proches. Investir en éducation, c’est également investir dans la société de demain. Les retombées humaines, sociales et économiques qui dépassent largement les chiffres inscrits dans un budget.

C’est dans cette perspective que l’OOAQ a choisi de mettre de l’avant des enjeux qui touchent directement la santé auditive et la communication. Nous tenons à rappeler que la capacité de communiquer, d’entendre, de comprendre et de se faire comprendre constitue des jalons essentiels pour bâtir une société en santé, fonctionnelle et performante.

Et pour cela, les décisions publiques doivent mieux tenir compte des besoins liés à la communication et à la santé auditive. À cet égard, l'OOAQ met de l'avant trois priorités : moderniser les mécanismes d'accès aux services professionnels en milieu scolaire, déployer le Programme de santé auditive pour les personnes aînées et améliorer l'accessibilité aux prothèses auditives. Nous devons continuer à rappeler que les services d'orthophonie et d'audiologie ne sont pas un luxe. Ils constituent des leviers essentiels pour la réussite éducative, le vieillissement en santé, l'autonomie, la qualité de vie et la pleine participation sociale de la population.

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Une chose est certaine : peu importe le parti qui formera le prochain gouvernement, celui-ci devra faire face à la dure réalité des promesses électorales. Les attentes sont grandes, les besoins sont nombreux et les ressources ne sont pas infinies. Il faudra donc faire des choix. Et ces choix devront être guidés non seulement par la capacité de payer aujourd’hui, mais aussi par les conséquences de ne pas investir maintenant.

C’est pourquoi nous devons faire preuve de vigilance. Comme ordre professionnel, notre rôle n’est pas de prendre position en faveur d’un parti ou d’un autre. Notre responsabilité est de faire valoir les enjeux qui touchent la population québécoise en matière d’audition et de communication. Nous continuerons donc à rencontrer les décideurs, à présenter nos arguments et à rappeler que les services liés à la communication et à la santé auditive doivent faire partie des priorités d’un système de santé accessible et humain.

À l’approche du scrutin, notre regard professionnel nous rappelle l’importance d’examiner les engagements à la lumière des besoins réels de la population et des moyens proposés pour y répondre. Au-delà des promesses, c’est la capacité d’agir qui comptera. Et pour des milliers de Québécoises et de Québécois, entendre, communiquer et participer pleinement à la société ne devrait jamais être relégué au second plan.

Je demeure toutefois profondément optimiste. La campagne se terminera, les gouvernements changeront et les priorités évolueront. Mais une chose demeurera : les besoins de la population. C’est pour elle que nous continuerons à nous mobiliser, à faire entendre notre voix et à croire qu’il est possible de construire un Québec où chaque personne peut entendre, communiquer et participer pleinement à la société. Une autre chose est certaine, le Québec possède une expertise remarquable, des professionnelles et des professionnels engagés et une capacité réelle de faire évoluer les choses.

Votre président,

Paul-André Gallant, AdmA, MBA, ASC, M.P.O., orthophoniste