Qu'est-ce que la santé auditive ?
La santé auditive fait référence au fonctionnement optimal des différentes structures de l’oreille (oreille externe, moyenne, interne) et du système auditif central, permettant à une personne d’entendre, de comprendre et de bien interpréter les sons. Le sens de l’ouïe est au cœur de de la communication humaine, de la naissance au dernier souffle. Avoir une bonne santé auditive signifie de prendre soin de ses oreilles tout au long de sa vie afin de s’assurer de pouvoir profiter de tous les instants sonores pleinement et pour longtemps. Toute atteinte à la santé auditive peut entraîner des conséquences négatives et affecter les activités de la vie quotidienne si elle n’est pas considérée ou traitée en temps opportun (OMS, 2021).
La santé auditive est précieuse et fragile. Elle peut être altérée par différentes causes, notamment par :
- une malformation ou un trauma d’une structure du système auditif;
- des facteurs génétiques;
- le vieillissement;
- une surexposition à des sons forts;
- la prise de certains médicaments;
- certaines maladies.
Cela peut mener à différents troubles auditifs, dont la perte d’audition.
« 60 % des personnes au Canada de 19 à 79 ans ont un problème de santé auditive et près de 55 % d’entre elles l’ignorent ! »![]()
Les conséquences d’une mauvaise santé auditive sont nombreuses et peuvent, notamment, provoquer de l’isolement et nuire à la santé mentale et cognitive.
Qu'est-ce que la santé cognitive ?
La santé cognitive fait référence aux fonctions mentales comme la mémoire, le jugement, l’attention et les capacités à apprendre ou à résoudre des problèmes. Ces fonctions mentales permettent à une personne d’être autonome, indépendante et de préserver son intégrité.
Avec le vieillissement, certains changements cognitifs normaux surviennent. Il pourrait s’agir du déclin graduel de :
- la vitesse de traitement de l’information;
- l’attention pour les tâches complexes;
- la mémoire épisodique, qui permet de mémoriser les informations avec leur contexte de temps et de lieu;
- la capacité d’abstraction, de faire de la généralisation (raisonnement) et de s’adapter à la nouveauté et aux changements (flexibilité mentale).

Troubles neurocognitifs et facteurs de risque
Parfois, le déclin cognitif dépasse le vieillissement normal. Un trouble neurocognitif à un stade léger, plus avancé, ou un trouble neurocognitif majeur (communément appelé « démence ») peut se manifester. Ce trouble, à ces différents stades, diminue la capacité d’une personne à s’occuper d’elle-même de manière autonome.
Chaque personne présente un risque d’être confrontée à un trouble neurocognitif. Il existe deux types de facteurs de risque.
Les facteurs de risque non modifiables, comme l’âge et la génétique.
Les facteurs de risque modifiables, comme le tabagisme, l’hypertension, l’isolement social, le manque d’activité physique et la perte d’audition. Il peut être possible d’exercer un certain contrôle sur ces facteurs de risque et ainsi réduire leurs impacts.
Pour en savoir plus sur les troubles neurocognitifs et les facteurs de risque :
- visitez le site Web de la Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer et rendez-vous sur la page dédiée aux Facteurs de risque de troubles neurocognitifs.
La perte d’audition et la santé cognitive
« 7 % des troubles neurocognitifs seraient liés à la perte d’audition. »![]()
Les mécanismes exacts qui expliquent la relation entre la perte d’audition et le déclin cognitif ne sont pas encore tous connus. Trois grandes hypothèses sont mises de l’avant.
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La perte auditive provoquerait un effet direct sur le cerveau
Le manque de stimulation auditive dû à la perte d’audition entrainerait des changements dans le fonctionnement du cerveau et sur sa structure. Ceci contribuerait à une accélération du déclin cognitif et à un risque accru de troubles neurocognitifs. -
Elle entrainerait une augmentation de la charge mentale
En présence d’une perte auditive, certains mots ou parties de phrases dans une conversation sont mal entendus. La mémoire de travail est alors davantage sollicitée pour combler les parties manquantes du message verbal. Une surcharge cognitive peut ainsi survenir, causant une accélération du déclin cognitif. -
Elle serait à l’origine d’une diminution des contacts sociaux
La perte d’audition peut entrainer la réduction et même le retrait graduel des activités sociales. Cela engendre la diminution des interactions sociales et l’augmentation du sentiment de solitude. L’isolement social fait partie des 12 facteurs de risque modifiables aux troubles neurocognitifs.
La perte auditive, même si elle est de degré léger, peut influencer la santé cognitive.
Moyens par lesquels une bonne santé auditive contribue au maintien d’une bonne santé cognitive
Il est possible de contribuer à sa bonne santé cognitive, notamment en stimulant son cerveau, en gérant son stress, en mangeant sainement et en étant physiquement et socialement actif. Avoir une bonne santé auditive favorise la participation active à différentes activités sociales et physiques, permettant ainsi de :
- limiter l’isolement social;
- améliorer la qualité de vie;
- préserver une bonne santé mentale.
Bien entendre contribue également au confort, à la réduction du stress et à la sécurité en :
- garantissant une meilleure conscience des sons environnants;
- permettant de réagir de manière plus appropriée aux éléments et aux personnes qui nous entourent;
- assurant de réagir aux dangers potentiels.
Stratégies pour favoriser une bonne santé auditive
La perte auditive peut survenir à tout âge. Elle est souvent lente et indolore, mais la plupart du temps, permanente et irréversible. Il n’est pas possible de contrer les effets du vieillissement sur l’audition, mais d’autres causes de surdité peuvent heureusement être évitées !
Habitudes d'écoute
L’exposition à des niveaux sonores trop élevés (bruit, musique) fait partie des causes de surdité qui sont évitables.
La moitié des jeunes de 12 à 35 ans sont à risque de développer une perte d’audition en raison de leurs mauvaises habitudes d’écoute.
Habitudes d'écoute pouvant contribuer à préserver une bonne santé auditive
Le plus possible, éloignez-vous des sources de bruit ou de musique forte et réduisez le temps où vous y êtes exposé.
Protégez vos oreilles avec des bouchons ou des coquilles lors d’exposition aux bruits forts (ex. : tondeuse, scie mécanique) ou à la musique forte (ex. : concert, bar).
Réduisez le volume des écouteurs sous 80 décibels (dB) pour un adulte et sous 75 dB pour un enfant (pour plus de détails à ce sujet, consultez notre section Web sur le bruit et la santé auditive).
Privilégiez l’usage d’écouteurs avec annulation de bruit, qui permettent de réduire le bruit ambiant ou extérieur, et ainsi de placer le volume à un niveau plus faible et plus sécuritaire.
Évitez d’exposer les bébés et les jeunes enfants aux bruits forts.
Baissez le volume des jouets sonores des tout-petits et du générateur de bruit employé pour le sommeil des bébés, s’ils sont utilisés.
Portez régulièrement vos appareils auditifs, si vous en possédez.
Mesures pouvant aider à maintenir une bonne santé auditive
Assurez-vous de faire le dépistage auditif d’un nouveau-né et les suivis nécessaires auprès de l’audiologiste des enfants pour qui cela est requis.
Protégez votre tête des coups et vos oreilles des blessures.
Évitez d’utiliser un coton-tige (ex. : Q-tips), car il peut compacter le cérumen et produire des bouchons et accidentellement occasionner une blessure du conduit auditif externe ou même perforer le tympan s’il est inséré trop profondément.
Assurez-vous de ne pas avoir de bouchon de cérumen dans le conduit auditif.
Privilégiez un nettoyage délicat des oreilles avec l'eau tiède de la douche et essuyez délicatement, par la suite, avec un linge sec et propre.
Consultez une professionnelle ou un professionnel de la santé si vous avez une sensation de blocage dans l'oreille et avez besoin de faire retirer un bouchon de cérumen.
Traitez rapidement une problématique affectant l'oreille.
Consultez une professionnelle ou un professionnel de la santé en cas de douleur, d'écoulement ou d'infection à l'oreille.
Consultez en urgence si vous perdez totalement ou partiellement l'audition dans une oreille.
Informez-vous auprès de votre professionnelle ou professionnel de la santé si vous soupçonnez que certains de vos médicaments entraînent des conséquences sur votre santé auditive.
Certains médicaments sont dits « ototoxiques » et peuvent endommager les structures ou le fonctionnement du système auditif.
« Une personne inquiète de sa santé auditive attend en moyenne de 7 à 10 ans avant de consulter. »![]()
1 - Je remarque que j’entends moins bien qu’avant et je me pose des questions. Par où devrais-je commencer pour vérifier mon audition ?
Dès que vous avez des doutes sur votre audition, il est recommandé de consulter l’audiologiste pour obtenir une évaluation et un bilan de votre santé auditive. L’audiologiste pourra vous donner des recommandations personnalisées selon votre profil auditif et vos besoins. Consultez la page « Quand et pourquoi consulter l’audiologiste ? » pour plus de détails.
2 - À la suite de mon évaluation, l’audiologiste m’a informé(e) que j’ai une perte auditive. J’ai entendu parler d’un lien avec la démence, ce qui m’inquiète. Est-ce que cela signifie que je développerai la maladie d’Alzheimer ?
Non. Le fait d’avoir une perte auditive ne veut pas dire que vous allez automatiquement développer la maladie d’Alzheimer ou un autre trouble neurocognitif.
On entend effectivement beaucoup parler du lien entre la surdité et la santé cognitive, mais il est important de bien comprendre ce que cela signifie vraiment. La surdité fait partie des 14 facteurs de risque connus associés aux troubles neurocognitifs. Ces facteurs de risque, incluant la surdité, augmentent la possibilité d’avoir un trouble neurocognitif comme l’Alzheimer, mais ils ne le causent pas directement.
Cela veut dire qu’un trouble neurocognitif pourrait ne jamais apparaître chez une personne avec une surdité. En contrepartie, cela signifie également qu’une personne avec une audition normale pourrait en être atteinte.
Cela dit, les changements dans le cerveau liés aux troubles neurocognitifs peuvent s’amorcer bien avant l'apparition des premiers signes et symptômes d’un déclin cognitif. Il est donc important de prendre soin de son cerveau à tout âge, et le maintien d’une bonne santé auditive en fait partie.
3 - En cherchant de l’information, je vois que la perte auditive serait associée à un risque accru de troubles neurocognitifs. Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire pour moi ?
La perte auditive est effectivement associée à un risque plus élevé de présenter un trouble neurocognitif. Toutefois, il est important de bien comprendre ce que signifient les informations ou les pourcentages rapportés par différentes sources.
Les recherches récentes montrent que, à l’échelle de la population, les personnes ayant une surdité sont plus nombreuses à développer un trouble neurocognitif que celles qui n’en ont pas. On estime que cette augmentation du risque se situe autour de 35 à 40 %, et qu’elle s’accentue graduellement avec la sévérité de la perte auditive.
Cependant, ces chiffres ne permettent pas de prédire ce qui arrivera à une personne en particulier. Ils décrivent plutôt une tendance observée dans de grands groupes de personnes. Autrement dit, avoir une perte auditive ne signifie pas qu’une personne développera un trouble neurocognitif, mais que, dans l’ensemble, ce trouble est plus fréquent chez les personnes malentendantes.
Les données actuelles indiquent aussi que ce risque est moins élevé que ce que suggéraient les premières études, il y a une quinzaine d’années. Ces études évoquaient une augmentation de 300 à 400 % du risque. Ainsi, la perte auditive demeure un facteur de risque important à considérer, bien que son effet semble aujourd’hui plus modéré que ce qui a pu être énoncé auparavant.
4 - Maintenant que je sais que j’ai une perte d’audition je me demande quoi faire pour préserver ma santé cognitive. Est-ce que je dois porter des appareils auditifs pour me protéger des troubles neurocognitifs ?
La décision de porter des appareils auditifs devrait d’abord reposer sur un objectif de santé auditive. Si une perte auditive est présente et que des appareils sont recommandés, leur utilisation vise en premier lieu à mieux entendre. C’est donc la prise en charge de l’audition qui constitue la priorité.
En effet, en présence de surdité, le port d’appareils auditifs apporte des bénéfices concrets sur le plan de la communication. En facilitant l’écoute et les conversations, ils rendent les interactions sociales plus accessibles et moins exigeantes. Cette amélioration des échanges peut contribuer à maintenir une participation sociale plus active, ce qui est favorable au bien-être global, incluant la santé cognitive.
À l’inverse, une perte auditive non corrigée peut compliquer les communications, entraîner davantage de fatigue et favoriser l’isolement social, des facteurs pouvant influencer négativement la santé du cerveau.
Cela dit, à l’heure actuelle, les connaissances scientifiques ne permettent pas de confirmer avec certitude que le port d’appareils auditifs protège toutes les personnes malentendantes contre l’apparition de troubles neurocognitifs. Certaines recherches suggèrent toutefois un effet positif possible dans certaines populations plus à risque, sans que cela soit démontré de façon systématique.
Si vous avez des inquiétudes sur le plan de votre santé auditive et sur les liens qui existent avec la santé cognitive, parlez-en à l’audiologiste. Elle ou il peut vous accompagner et discuter des moyens les plus appropriés afin de soutenir votre écoute et votre communication au quotidien.
Le rôle de l’audiologiste
Un trouble auditif entraine des conséquences négatives importantes sur la communication, la qualité de vie et les relations sociales. Mieux vaut agir rapidement pour favoriser le maintien d’une bonne santé auditive !
Si vous pensez moins bien entendre ou avez des doutes sur l’audition d’une ou un proche, peu importe l’âge, consultez une ou un audiologiste pour obtenir une évaluation de l’audition.
Si un trouble auditif est détecté, l’audiologiste pourra déterminer un plan de traitement et juger si la correction de la perte d’audition est souhaitable, selon chaque situation.
Ressources externes
Pour en apprendre davantage sur la santé cognitive et découvrir d’autres stratégies pour son maintien, consultez les ressources suivantes.
- Santé cognitive et recherche : où en est-on ?, Institut universitaire de gériatrie de Montréal
- Idées inspirantes pour maintenir son cerveau en santé, capsules de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal
- Conseils bons pour le cerveau pour réduire votre risque de trouble neurocognitif, Société Alzheimer
Balado Dans le creux de l'oreille - L'audition en vieillissant
La perte d’audition touche plus de 65 % des adultes de 60 ans et plus, et le pourcentage augmente avec le vieillissement. Pourtant, de nombreuses personnes ainées ne s’en occupent pas, ce qui peut les amener à s’isoler et à avoir des problèmes de communication avec leur entourage.